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Portrait de yves Marcerou

BIOGRAPHIE

Yves Marcerou naît à Limoux, dans le sud de la France. Il grandit au cœur des paysages viticoles, dans la propriété familiale. Très tôt, la lumière s’impose à lui : celle, vibrante, du Midi, qui embrase les sarments de vigne, étire l’ombre des cyprès sur les murs ocres et imprime durablement son regard. De cette enfance baignée de clarté naît une relation intime à la lumière, qui deviendra l’un des fondements de son œuvre.

De 1971 à 1977, il entreprend des études supérieures de lettres, d’abord en classes préparatoires aux grandes écoles, puis à l’université de Toulouse-Le Mirail. Il y obtient une licence, une maîtrise ainsi que le CAPES de lettres, avant d’être nommé à Douai, dans le nord de la France. Ce déplacement géographique marque aussi un contraste sensible : à la lumière du Sud répond désormais une autre atmosphère, plus diffuse, qui enrichit sa perception.

C’est à Douai, de 1982 à 1986, qu’il s’engage pleinement dans la pratique artistique en intégrant l’École des Beaux-Arts. Il y approfondit sa technique et multiplie les stages, dans une recherche exigeante de maîtrise et de justesse. Son parcours le conduit également en Italie, à Florence, où il étudie la peinture académique à "l’ Istituto per l’Arte e il Restauro". Ce séjour constitue une étape déterminante, au contact direct des maîtres et de la tradition picturale.

En 1987, il poursuit sa formation à l’École d’art de Lille, en décoration de surfaces planes. Cette orientation ouvre un nouveau champ d’exploration et annonce son engagement futur dans le domaine de la scénographie et de la décoration théâtrale, où se prolongent ses recherches sur l’espace, la lumière et la matière.

À partir de 1998, ses recherches personnelles orientent sa peinture vers une exploration approfondie de la matière, et plus particulièrement de la terre et de ses fossiles. Le professeur retrouve là, presque naturellement, ses racines terriennes, tandis que l’artiste découvre ce qui deviendra le cœur de son œuvre : les traces du temps. Dans l’épaisseur de la matière émergent signes, empreintes et écritures archaïques, comme autant de fragments d’une mémoire enfouie.

Parallèlement, de 1987 à 1995, animé par une curiosité insatiable, il se passionne pour l’art dramatique. Le théâtre devient pour lui un véritable laboratoire scénographique, ouvrant à son travail plastique de nouvelles dimensions. Au sein de la troupe « L’Atelier du Tigre », il conçoit affiches, costumes et décors pour des œuvres de Buzzati, Gogol ou Michaux, et interprète également plusieurs rôles principaux. Lors de stages menés avec des metteurs en scène parisiens — notamment Joséphine Derenne, liée au Théâtre du Soleil, ou la troupe de commedia dell’arte Les Scalsacani — à l’Hippodrome, scène nationale de Douai, il rencontre son directeur, Roland Poquet. Séduit par la force de son univers plastique, celui-ci lui propose sa première exposition. Très vite, des galeries parisiennes s’intéressent à son travail et présentent à leur tour ses créations.

En 1995, nommé à Béziers, Yves Marcerou revient dans le Sud, retrouvant une lumière et un territoire familiers. Il y poursuit son travail de plasticien, désormais reconnu, exposé régulièrement par plusieurs galeries du grand Sud, de Toulouse à Montpellier, jusqu’à la Côte d’Azur. Son œuvre fait également l’objet d’une présentation dans la revue Azart.

À partir de 1999, des universitaires, notamment à Montpellier et Grenoble, font appel à lui pour la réalisation d’affiches de colloques nationaux et internationaux. Son travail suscite également l’intérêt d’institutions et d’associations qui lui commandent diverses créations plastiques. Il développe en parallèle une activité d’illustration, réalisant des couvertures pour différentes maisons d’édition, en province comme à Paris.

En 2009, son travail de stylisme et de photographie autour de l’ouvrage Recettes et récits de gourmandise, publié aux éditions Société des Écrivains, est mis à l’honneur dans l’émission «Carnets du Sud » sur FR3 Montpellier.

À partir de 2010, il entreprend un travail autour des carnets de voyage, prolongeant sa recherche sur le signe, la matière et l’écriture graphique. L’un de ces carnets est sélectionné au festival de Clermont-Ferrand, et y reçoit le prix de médecins sans frontières.

En 2013, il cofonde, avec deux collaborateurs, les éditions Barameï, une maison dédiée aux récits et carnets de voyage, prolongeant ainsi son engagement pour les formes sensibles de narration.

En 2019, il participe à la création de l’association « Dessiner le vivant », qui organise expositions, marathons de dessin et performances, affirmant une fois encore son attachement à une pratique artistique vivante, collective et en dialogue avec le monde.


 

 

 

 

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